
Pour débuter cette journée, tentative infructueuse et risible d'obtenir un visa cambodgien : papiers remplis, passeport et photos donnes, reste "juste" à payer. Je sors mes kip, refus catégorique : en dollars ou rien. N'ayant pas suffisamment de dollars et les banques étant fermées, j’abandonne. Cela fait plusieurs fois que je tente d'obtenir ce foutu visa sans succès, je prends ça pour un signe : Je ne suis pas destinée à voir Angkor durant ce voyage.
Esther & Joerg ont loue une moto chacun pour vadrouiller librement sur le plateau des Bolovens et je partage la route avec eux aujourd'hui avec Joerg comme chauffeur.
Le plateau est très réputé pour ses nombreuses cascades, ses plantations de café et de bananiers installées là par les colons français au début du 20è siècle, mais aussi pour être parmi les lieux les plus bombardes au cours de la guerre du Vietnam. Quand la guerre d'Indochine s'intensifia de 1964 a 1973, les Américains installèrent des bases militaires en Thaïlande et les avions qui partaient bombarder le Nord Vietnam ou la piste Ho Chi Minh survolaient les régions du Nord-est et de l'Est du Laos. Conformément aux ordres de larguer toutes les bombes avant l'atterrissage en Thaïlande, les avions vidaient leur chargement sur les zones civiles du Laos a leur retour. Une honte et un malheur de plus pour les Laotiens.
Nous prenons tous les trois la route de Tad Fan. Les deux roues sont incontestablement le meilleur moyen de se déplacer au Laos. J'y apprécie mieux les paysages qui défilent sous mes yeux et le trafic est vraiment faible ; seuls qqs bus, tuk-tuk et voitures. En fait, il faut plus se méfier de ce qui se promène le bord des routes -ou carrément au milieu : autres motos, gamins à vélo, piétons, mais surtout vaches et veaux, chèvres et cabris, poules et poussins, cochons et porcelets, chiens et chiots... Y'a beaucoup plus de 4 pattes que de 2 roues !
La route traverse de jolies plantations de café et villages. Apres 1/2h de route, nous nous arrêtons à la cascade de Champee, un pur hasard d'atterrir par ici dans ce lieu non touristique. La chute est jolie mais le plus mémorable restera le chemin pour descendre à ses pieds : très raide et super glissant, casse gueule quasi assuré ! C'est le coin par excellence des écoliers ; nombreux sont les gamins venus là se rafraîchir et jouer autan que patauger dans l'eau a la sortie de la classe.
Nous ré-enfourchons nos motos après cette longue pause récréative pour qqs Km seulement et la chute "à voir" des envions : Tad Fane. C'est vrai qu'avec ses deux torrents parallèles qui se jettent à plus de 120 mètres de haut dans une dense fore, elle vaut le coup d'oeil. Nous y prenons un verre, puis en roue pour Paksang, a 10 min de là.
Paksang est la capitale du café du Laos mais en parcourant son marché, on peine à l'imaginer. Il est bien difficile d'y trouver le moindre grain de café. Déçus.
Du marché, nous ne ferons que qqs centaines de mètres, la roue d'Esther faisant des siennes. Une visite chez le réparateur s'impose. Avec efficacité et rapidité, notre mécano nous fixe ça en un tour de main et nous reprenons la roue vers Tha Teng. Entre les nuages menaçants qui s'amoncellent et nous cachent le soleil, et l'altitude (Paksang est à 1200 mètres), la fraîcheur se fait sentir méchamment et on se gèle grave sur les motos. Arrives à Tha Tong, village sans grand attrait, nous avons la chance de trouver la seule et toute nouvelle guesthouse de la ville et décidons de nous arrêter là tous les 3 pour la nuit, d'autant qu'il pleut désormais.
Tha Teng est une ville animée. A 18h, la moitié du village est déjà rond comme une queue de pelle et imbibée d'alcool pour fêter le nouveau chef du village. Nous ne joignons pas a la fête malgré les invitations, Esther et moi nous nous sentons un peu trop convoitées en tant que jeunes falang mignonnes. A la place, nous partons en quête d'une accueillante bicoque pour y déguster un très bon foe. Apres tous ces jours sans soupe de nouille de riz, je commençais à dépérir et en rêver !
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