
Au réveil, je profite des premiers rayons du soleil pour errer dans Savannakhet, ville qui fut au temps de la France le plus grand centre commercial et administratif du centre du Laos, comme en témoignent les bâtisses décrépis de l'époque coloniale et ses rues bordées d'arbres. Construite au bord du Mekong, Savan est une ville pleine de charme et calme, ce qui n'a cependant rien de surprenant pour le Laos !
Joerg&Esther et William&Anne-so sont mes compagnons du jour pour une excursion à Dong Natad, à 15km de Savannakhet.
La journée commence par une visite d'une exploitation de sel. De grands bassins remplis d'eau sale et des laos qui attendent que l'eau s'évapore, c'est la version cool. Une autre version beaucoup moins relax et agréable consiste à faire chauffer l'eau pour en accélérer le processus. La difficulté réside dans le fait que les laos récupèrent le sel encore dans l'eau et travaillent dans une chaleur infernale. Dans un autre bâtiment, le guide nous explique le conditionnement que nous observons, et un peu plus loin le chargement des camions. C'est cette partie qui nous renvoie brusquement à la réalité. Des gamins, de 6-7 ans pour les plus jeunes, travaillent d'arrache pied tous les jours de la semaine a porter sur leurs frêles petits dos de gros et lourds sacs de sel. Comme la guide nous le répond avec un sourire a nos questions naïves sur l'école :"L'estomac d'abord, l'éducation ensuite". Que répondre ?
Par la suite, nous nous enfonçons dans la foret sacrée de Dong Natad, accompagnes d'un second guide local vivant de et dans cette foret. Les habitants de son village vivent avec et de la nature depuis des siècles ; ils se nourrissent de champignons, de fruits, d'huile, de miel, de résine, d'insectes tels que fourmis rouges, cigales ou encore criquets, essentiels à leur équilibre alimentaire. Il nous fait découvrir des plantes aux bienfaits insoupçonnés : une tige avec de l'eau pour épancher sa soif, une autre au goût plus qu'infâme censée soigner le paludisme ou encore une autre pour les règles douloureuses. Le plus excellent pour moi restera cependant sans l'ombre d'un doute les centaines voire les milliers d'araignées au corps minuscule et pattes immenses, agglutinées sur un arbre. Du jamais vu. Elles se marchent toutes dessus tellement elles sont nombreuses. Silencieux, nous avons l'impression d'entendre la pluie tombée : le bruit de ces milliers de pattes en action ! Incroyable. Mention spéciale aussi pour les fourmis rouges au goût de citrons et l'arbre avec de l'huile pour réaliser des torches.
A midi, nous atteignons le lac Nong Lom pour un pique-nique occasion de découvrir de nombreuses spécialités laotiennes. Du riz gluant bien sur, un peu de poisson frit, du foie frit (beurk), du boeuf séché et boucane (rebeurk) et des tas de differents légumes prépares pour goûter a un peu de tout. Pas tous des plus appétissants à voir, mais dans l'ensemble plutôt bon au final.
Nous poursuivons notre promenade en foret puis la quittons pour un village ou des femmes plantent du riz dans les abords. Comme toujours, nous sommes accueillis avec sourire et gentillesse, avec des compliments aussi (nous sommes trous beaux) et humour (veut-on se marier a qqun du village ?). Quel peuple attachant.
Nous découvrons ensuite le village de Ban That avec des villageoises attelées a réaliser des nattes a base de feuilles teintées ou encore des torches avec de grands feuilles et de l'huile extraite des arbres vus dans la foret.
La dernière visite est consacrée au That Ing Hang, édifie vers le milieu du 16e siècle. Cet édifice religieux est le 2e lieu sacre du sud du Laos après Champasak ou j'aurais bientôt l'opportunité d'y aller. Pourquoi si sacrée ? Bouddha s'y serait arrête alors qu'il était souffrant. Il se serait donc repose contre l'arbre penche et le that est suppose abriter une partie de l'épine dorsale de Bouddha. Notre guide nous remet des bâtons d'encens pour les brûler et les offrir en offrande. Je ne suis pas très confortable avec tout ça car pour rien ces rituels ne signifient rien. Suivre ces rituels religieux ici alors que je n'y crois pas et que tout le monde autour de moi est très croyant me parait déplace. Je suis pourtant le mouvement et brûle mes bâtons pour ne pas offenser ou blesser notre guide mais m'abstiens du reste.
Nous retournons ensuite à Savannakhet vers 17h, l'heure d'une douche bienvenue, avant de nous retoruver pour dîner tous les 5.
|