
Jour 1 - Au rytme du mékong
Soupe de noddle pour le petit dej puis direction l'embarcadère pour les slow baots. Trajet du jour : la descente du Mékong de Huay Xai à Pakbeng, gros bourg champêtre.
Nous sommes nombreux, très nombreux sur le bateau, environ 90 personnes dont à peine 4-5 Laotiens. Je savais que depuis quelques années le Laos était devenu une destination touristique en croissance constante, mais je reste perplexe face à tout ce bateau. Le Laos est un pays peu peuplé, 6 millions d'habitants pour une surface moitié de la France. Cette faible densité ajoutée au fait que les laotiens se déplacent peu ajoute à la visibilité de ce troupeau de touristes...
La descente du fleuve permet d'apprecier les paysages bordant le fleuve, des villages épars, des montagnes et beaucoup de forêts bien que l'impact de la déforestation se remarque parfois.
Arrivés à Pakbeng, une autre spécialité locale nous étonne : les rabatteurs d'hôtels qui ne rabattent pas ! Du jamais vu. Des rabatteurs trop timides pour aborder les touristes ! Trop timides pour nous demander si nous voulons un hôtel, à moins de fixement les regarder avec un sourire pendant de longues minutes. Et encore, ils n'incitent pas plus que ça, les Laotiens ne sont vraiment pas des businessmens.
Jour 2 - Une tentative avortée d'aventure hors des sentiers battus
Petit dej avec embrouille laotienne classique. J'ai pas très envie d'une soupe de noddle ce matin, alors je commande une omelette pour changer, estimant le temps de préparation de ce type de plat rapide. Resultat, Didier et Delphine ont leur soupe en 2 temps 3 mouvements et moi je poirotte 25 minutes pour au final obtenir un styr fried de porc et légumes !! Quand je lui demande ce que c'est, elle n'arrive même pas à trouver ce plat sur la carte, c'est dire s'il est désespérant de passer commande au Laos, même en montrant le menu écrit dans leur langue ils s'embrouillent les neuronnes !
Dans notre slow boat s'installent des moines tout d'orange vêtus (même le bonnet) à l'avant, qui m'hallucinent durant le trajet : ils jouent au tetris et prennent des photos avec leur telephone portable entre 2 cigarettes ! Quelque chose sonne faux dans tout ca.
Nous ne navignons qu'1h30 puis demandons à descendre au petit village de Tha Suang, où nous sommes les seuls à faire escale. Le plan de départ : prendre un pick-up pour Hongsa. Une histoire bien différente à l'arrivée...
Descendus du bateau, il y a bien un pick-up mais nous sommes ses 3 premiers clients et il ne partira qu'une fois atteint son quota de 10 passagers. Nous patientons une heure en allant déjeuner, une version archi épicée de soupe de noodle de riz. A notre retour, rien n'a changé. Pas de nouveaux passagers pour le moment, ni le moindre soupçon d'animation. Les laotiens ont un rythme de vie d'une lenteur insupportable pour tout occidental hors vacances. Quelqu'un de nature stressée ou pressée ne peut sûrement pas survivre dans ce pays aux gestes lents, aux actions minimales, aux paroles douces. Les colons français disaient que "les vietmaniens plantent le riz, les cambodgiens le regardent pousser et les laotiens l'écoutent". Je commence à comprendre. Eviter le stress psychologique inutile est une norme culturelle et les laotiens me semblent exceller en la matière.
Le temps passe, occupés à visiter ce minuscule village qui nous offre l'hillarant spectacle de la parade amoureuse de 2 dindons et la vie, oh combien sereine de ses villageois. Vu l'heure, nous décidons de changer de plan et d'abandonner la virée à Hongsa, après près de 5h d'attente pour ce foutu pick-up. Trop consommateur de temps car le retour devrait être pire encore. A ce moment là, le chauffeur a cependant la brillante idée de se dire que 3 passagers qui paient beaucoup c'est aussi bien que 10 qui paient peu et surtout qui n'arrivent pas. Trop tard, nous laissons tomber malgré sa proposition et récupérons nos sacs laissés dans sa voiture. Il est complétement paumé le pauv' vieux, la notion de temps limité ne lui est guère familière... Incompréhensibles ces falangs (=blanc en lao) !
Par chance, il y a un hôtel ou plutôt une maison avec deux pièces libres qui font office "chambres d'hôtes" où nous pouvons nous installer pour la nuit. Basique mais propre. La "douche" sera des plus pittoresque : un bacquet d'eau gelée et, en contre bas, accolé à la salle de bain, l'enclos à cochon pour l'ambiance sonore. Grouin, grouin ! Amusante cette douche.
Ce n'est pas dans ce village que nous voulions aller de prime abord, mais c'est finalemt un bon endroit pour observer la vie lotienne sans touriste aucun. Les laos mangent un peu de tout. Apres les avoir vu "dépoiler" un genre de rongeur à tête de chien, les voici avec des sortes de cochon d'inde et même des chauves-souris. Que d'énergie dépensée pour dépouiller ces bestioles vu le peu qu'il y a à manger ! Caloriquement pas rentable.
Avant le dîner, quelques parties de "gobelet" un jeu apporté par Delphine et Didier, qui suscite l'attention des ces enfants très (trop ?) sages. On ne les entend jamais, ils sont calmes, ne crient pas, ne courrent pas. je ne suis globalement pas fan des gamins bruyants mais au moins ces derniers sont vivants. Les petits laotiens m'étonnement de leur non activité quasi permanente.
Repas commandés en lao, grâce au talent de Didier qui se transforme en linguiste ne au contact du laotien. Repas végétarien cela va sans dire car vu la viande qu'on a vu passer dernièrement, nous n'avons guère envie de nous laisser tenter par une chauve-souris ou autre bestiole.
Jour 3 - reprise de la navigation pour Luang Prabang
Apres le petyit dej et sa classique soupe de nouille de riz, nous nous postons pour scruter l'arrivee potentielle d'un bateua pour Luang Prabang. Nous n'attendrons cette fois pas longtemps. Un bateua charge a a ras bord de clementine passe au loin, le temps pour nous le l'appercevoir et lui faire signe de s'arreter grace au super code laotien : un T-shirt trounoyant par dessus les tetes. Ce bateau est une veritable aubaine, en parie car son arrivee fut rapide, mais surtout parce qu'il nous evite celui special touriste en nous permettant de voyager avec les laotiens... et les tonnes de fruits en son milieu bien sur. Sachant que 1- nous sommes installes a l'avant, 2- les toilettes sont a l'arriere et 3- le chargement empeche tout passage dans le bateau, cela donne des scenes cocasses a filmer. A chaque envie pipi, le seul moyen est de traverser le bateau par l'exterieur, a savoir de marche sur le rebord de 10cm en s'accrochant tant bien que mal, ce meme rebord souvent dans l'eau vu le lourd chargemetn que nous transportons. Seance sportive, on se croirait des marins combattant une mer dechenee sur une fregatte.
Cote paysage, nous avons manque les elephants a Hongsa, maos nous appercevons sur la rive des elephants en train de debarder le bois. Le ciel est malheureusement gris, d'ou des paysages ternes et nous frigorifies. Nous sommes loin de l'image des tropiques !
Nous accostons a Luang Prabang vers 17h, apres une bonne journee de navigation. |