
De Champasak, un trajet en sawngthaew, une traversée en ferry, un bus et une autre traversée en ferry nous conduisent à Don Khong, la plus grande île de la région de Si Phan Don. Littérallement "les 4000 îles", ces îles sont au coeur du Mékong, réparties sur 50 Km de long, tout au Sud du Laos, à la frontière avec le Cambodge.
Pendant la saison, le Mékong s’étend ici sur 14 Km de large, sa plus grande longueur sur les quelques 4350Km qu’il parcours, depuis le plateau tibétain à la Mer de Chine méridionale.
Aujourd’hui, activités séparées entre Esther & Joerg, à moto, et moi à vélo. L’île est agréable pour y pédaler, je n’y croise que 2-3 voitures seulement. Les paysages sont plutôt arides, saison sèche oblige, et les rares touches de vert tendre des rizières en train d’être plantée par les femmes aux dos courbés sont rafraîchissantes. Les rires et sourires des enfants rentrant de l’école à vélo sont tout aussi agréables et la douce lumière en fin d’après-midi donne finalement un visage tendre aux paysages.
Le soir, je retrouve mes compères pour une partie de Yatsé et le dîner.
Le lendemain, de l’île de Don Khong, nous affrétons un bateau pour nous débarquer 1h plus tard sur l’île voisine de Don Det, beaucoup plus petite et encore sans électricité courante pour le moment, ce qui devrait changer dans le courant de l’année. Une tournée des guesthouses pour trouver un bungalow nous donne de suite le ton : les prix ont doublé et les touristes affluent de plus en plus par ici, attirés par les rumeurs d’un coin de paradis. Je me demande à quoi va ressembler le Laos d’ici 10 ans. Thaïlande bis ?
Cette île incite à la farniente. Nous étreignons donc nos hamacs aux heures chaudes de la journée, à buller avec un bouquin à la main ou à somnoler. La reste de la journée, ballade paisible sur Don Det, ses habitants relax, ses palmiers, ses paysages à la Robinson Crusoé, ses vélos. Ici, pas de voiture, à peine quelques motos.
Le soir, dîner avec un couple d’Anglais, la fille étant une dinde de chez Dinde ! Insupportable.
Vendredi 13, jour de chance ? Nous louons des vélos pour la journée et partons explorer la petite île de Don Khon reliée à Don Det par un pont. Sur l’île, on y croise des vieux wagons rouillés laissés là à l’abandon par les Français qui avait construit la seule voie ferrée du pays, dans ce point de passage important pour le commerce avec le Cambodge. Le Laos est un pays sans train, c’est fou tout de même.
La bonne surprise de l’île, c’est les rapides/chutes de Tat Somphamite. Très très joli spectacle. Sautant de rochers en cailloux, nous nous trouvons un chemin casse gueule pour rejoindre une partie des rapides où se trouve un bassin naturel où le courant est peu dangereux et Plouf !
Ah, ça rafraîchit ! Ce n’était pas franchement prévu et faute de mieux, nous barbotons tous les trois… en sous-vêtements ! J’aurais dû m’abstenir de mettre une petite culotte blanche ce matin si vous voyez ce que je veux dire…
Nous profitons longtemps de ce coin paradisiaque, pour un verre et déjeuner après notre baignade. Le cadre incite à y rester et l’adorable papy à l’âge indéfinissable qui tient ce boui-boui en face des chutes est tout gentil. Faisons donc marcher son commerce !
Des sentiers ombragés nous conduisent ensuite à une petite plage. Impossible de s’y baigner, trop de laos nous observent et viennent nous voir pour tenter de nous vendre un tour en bateau pour aller voir les dauphins d’eau douce, espèce en danger. Pas de chance pour eux, aucun de nous n’est intéressé.
En milieu de journée, nous laissons nos biclou sur le bord de la piste pour un bar raffiné et agréable au bord de l’eau. Je reste là un bon moment à bouquiner, sereine dans ce transat si accueillant, pendant que Joerg & Esther reprenne la route. RV ce soir pour le dîner et finir notre partie de Yatsé de la veille. C’est pour tous les trois notre dernière soirée laotienne, snif...
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