
Effectivement, je me suis endormie avec la douce chaleur du poêle mais celle-ci n’a guère duré et la chambre est glaciale au réveil ! Levée de bonne heure et avant les autres, j’enfile polaire et veste pour admirer une dernièe fois la lagune avec la lumière du soleil levant. Super joli.
A 8h on prend une camionnette pour nous rendre au marché hebdomadaire de Zumbahua, à 30 minutes de Quilotoa.
On se relaye par équipe pour la surveillance des sacs pendant que les autres visitent le marché ; très petit mais plein de couleurs, d’odeurs et de saveurs. J’en profite pour faire mon ravitaillement en petites bananes succulentes et mandarines juteuses.
Vers 10h, on entame des négociations ardues avec de potentiels chauffeurs de camionnette qui pourraient nous conduire au village de Chugchilan. Avec succès. On passe de 30 à 16$. Nous voici donc tous les 4 debout à l’arrivée d’une camionetta. Côté vue panoramique, à la fraîche et au soleil, on ne peut pas mieux ! C’est excellent. La route entre Zumbahua et Chugchilan est magnifique, d’une beautée à couper le souffle, sans oublier les délicieuses odeurs de pins et d’eucalyptus par moment qui nous chatouillent les narines. C’est l’une des régions andines les plus sauvages d’Equateur, avec seulements quelques maisons éparses. Et quel parcours épique, secoué sur cette « route » en terre toute cabossée ! 1h30 de fun pour arriver à ce tout petit village perdu au milieu de ces somptueux paysages. Je sais déjà que je vais adorer cet endroit.
L’hôtel Mama Hilda nous accueille avec de charmantes petites chambres, avec hamac, le pied ! 5 minutes plus tard, les pompes de rando virées, je me balance tranquille dans le hamac, face aux montagnes. Elle est pas belle la vie ?
On s’installe ensuite au soleil pour pique-niquer avec les fruits achetés au marché ; on est bien tous les 4 à lézarder au soleil.
L’après-midi débute par une ballade sur la coline adossée à l’hôtel d’où la vue est très belle, puis farniente dans l’herbe pour profiter de la vue et du soleil. Armelle s’attaque au cheveux de Sandrine. Objectif : lui enlever les nattes faites en Afrique. Olivier sort son lecteur MP3 et moi mon livre « 40 leçons pour apprendre l’espagnol » que je n’ai pas encore ouvert depuis mon arrivée. Ce petit programme va bien vite être chamboulé par l’arrivée d’une ribambelle de gamins vivant dans les maisons alentours. Ils viennent d’abord nous demander de les prendre en photos mais sont bien vite intrigués par nos activités et s’affrayent de voir Armelle couper les cheveux de Sandrine. Amusés, on leur explique qu’il s’agit de faux et du coup, Sandrine se retrouve avec 3-4 gamins affairés à la débarrasser de ses nattes. On leur fait aussi découvrir la musique classique, Madonna, Buena Vista Social Club... L’après-midi passe ainsi, entourés de ces gamins adorables, amusants et amusés. Ces gamins ressemblent à beaucoup d’autres enfants des pays dont le niveau social est faible, surtout à la campagne. Leurs vêtements sont tous avec des trous, très abimés, l’hygiène leur fait défaut et ils sont vraiment très sâles. Un bon bain leur ferait le plus grand bien. Ici l’eau est un luxe. Dans leur maison, l’eau courante n’existe pas et la distance à parcourir pour remplir les bidons fait que les bains et la lessive sont loin d’être une priorité. D’ailleurs les gamins s’amusent à comparer mes pieds blancs et propres aux leurs, bien noirs de crasse. Peu importe, leur joie de vivre est ce qui est le plus important et j’ai passé un super moment en leur compagnie. Je réalise aussi la chance que j’ai d’être en voyage « longue durée » : cela permet de prendre du temps pour apprécier des lieux et des personnes agréables, sans se dire qu’on manque une visite intéressante.
Vers 17h, la température se rafraichissant sérieusement (et oui, en Equateur, le soleil se couche tout le temps à 18h), on redescend au village.
Le délicieux repas chez Mama Hilda est à 19h précises, pas de plaisanterie avec les horaires. Notre joyeuse équipe, pour des bêtises, va passer la soirée de rigolade en fou rire, au point de faire fuir les 2 Américains qui partageaient notre table ! Ils ont dû nous prendre pour des cinglés !
Encore une belle journée, je suis sûre de m’endormir le sourire aux lèvres.
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