
Dernier super petit déjeuner sur une terrasse ensoleillée avec Sandrine et Armelle, puis adios ! Vamos en Oreinte hoy !
Départ à 9h30 de Banos pour Pyo, par la route de Rio Verde : toujours aussi belle, toujours faite de cascades et de ravins à pic. 2h plus tard, nous arrivons à Puyo, l’une des villes les plus importantes d’Amazonie. Nous allons passer 3 jours dans la région de Pastaza, qui doit son nom au... Rio Pastaza, simple, non ? Il s’agit d’une forêt secondaire. Petite explication : l’Equateur dispose de 3 types de forêts :
- la forêt primaire, entre 0 et 500 m d’altitude, très humide (min 80%), très chaude, pleine de moustiques porteurs de malaria, avec une végétation très très dense et des arbres très hauts.
- la forêt secondaire, comme ici à Puyo-pungo, entre 500 et 1000 m, moins humide (65%) et moins chaude, moins de palu, plus facile d’accès
- la forêt des « nuages » à plus de 1000 m, comme celle visitée près de Chugchilan lors de la ballade à cheval.
Ces 3 types de forêts ont une faune et une flore très spécifiques et qui leur est propre. Mais revenons à notre journée.
Arrivée à destination dans notre campement en forêt amazonienne, en route pour 3h de marche sportive. Par chance, il ne pleut pas, mais l’humidité de l’air associée à la marche fait que nous sommes tout dégoulinant malgré tout ! Et pas très à l’aise avec nos bottes sur les chemins glissants que nous fait prendre Martial, notre guide.
Après cette ballade, nous rejoignons Toph et Bea qui avaient choisi de faire du raft à la place. Avec eux, nous repartons pour une ballade qui nous conduit à une cascade d’une hauteur de 40-50 mètres pour une baignade très rafraîchissante.
Après quoi, nous repartons pour un montée d’enfer avec des passages où le seul moyen de grimper est de se hisser avec des lianes à la force des bras (que je n’ai pas) car la roche est beaucoup trop glissante et ne permet aucun appui, surtout avec des bottes. Pas toujours très rassurée, mais ça se fait plutôt bien.
Le retour jusqu’au campement se fait de nuit, à la frontale, accompagnés d’une multitude de bruits d’animaux. Plus de 60% des animaux vivant ici sont nocturnes et ça s’entend !
Pas d’eau pour se laver (dingue en Amazonie !) alors passage direct au repas. La pluie qui nous avait jusqu’ici épargnée s’abat en trombe.
Entre bruit des animaux et pluie, ce soir, je m’endors avec la « musique de la jungle »
2e jour
Réveil avec la pluie, original en Amazonie, non ? A l’horizon, tout est blanc, la couche de brume ne laisse rien voir. Mais le temps de prendre le petit déjeuner et la pluie s’arrête. Prêts pour enfiler nos bottes et partir pour une longue journée de marche, le poncho à portée de main.
La 1ère 1/2h, un autre guide nous accompagne avec sa machette pour retracer le chemin, très vite recouvert par la végétation. Avec la quantité de pluie qui est tombée, on patauge dans une sacrée gadoue bien glissante ! En chemin, Martial nous montre plein de plantes à usage alimentaire et médicinal, et nous avons la chance de voir des singes, rarissime par ici.
Après 2 bonnes heures de marche, la pluie recommence à tomber, pile au moment où nous devons nous déshabiller ; eh oui, cette fois, on vire le pantalon pour enfiler le maillot de bain, mais on garde les bottes ! Super sexy le petit maillot 2 pièces avec les grandes bottes pleine de boue !
Encore un peu de marche puis nous arrivons à la rivière que nous devons remonter pour aller à une cascade. En maillot de bain, le sac au dos, avec chaussettes et bottes, nous voici à marcher dans la rivière, de l’eau jusqu’à la taille... Quel tableau ! Pour le dernier passage à franchir avant la cascade, on abandonne les sacs et les bottes (mais pas les chaussettes !) car le seul moyen de l’atteindre est de nager. Au cas ou nous n’ayez pas l’habitude de nager avec des chaussettes de rando, pour info, c’est amusant : à chaque mouvement, les chaussettes se roulent en boudin en bas des chevilles. Très classe.
Après notre baignade, remettre les bottes trempées est un vrai plaisir. Schlok, schlok fait la chaussette !
Encore une bonne heure et demie de marche dans la rivière, de l’eau jusqu’aux genoux ou jusqu’aux cuisses, avec quelques passages dans la forêt et la boue. Une belle aventure qui ne s’oubliera pas !
Vers 15h, déjeuner dans un camp, une heure de repos bien appréciable. Nous repartons ensuite en direction d’un minuscule « hameau », quelques maisons éparses sur pilotis où vivent des familles Quechua. Explication de leur technique de poterie et je me fais ensuite un « tatouage ». Et oui, comme les camionneurs, j’ai maintenant mon tatoo sur le bras, sauf que c’est pas une pin-up mais un papillon. Et qu’il ne devrait durer que 2-3 semaines....
Le retour au campement se fera une fois de plus de nuit, mais cette fois sans frontale car nous l'avons tous oubliée ! Ah, les touristes d'opérette !
A l'arrivée, toujours pas de douche possible, toutes nos affaires sont trempées, nous sommes claqués après ces 10 heures d'excursion dont 8h30 de marche, mais quelle journée inoubliable ! Quel régal ! Une superbe expérience à vivre, bien que par moment difficile, en tout cas à raconter.
Ce soir, la pluie recommence...
3e jour
Snif, c'est déjà notre dernier jour en Amazonie. La matinée commence par une descente en pirogue du Rio Puyo pendant 3/4 d'heure, l'occasion de voir plein d'oiseaux sur ses rives.
On grimpe ensuite pendant une heure pour atteindre un mirador qui offre une belle vue d'ensemble sur le Rio Pastaza et l'Amazonie, mais le ciel n'est pas suffisament dégagé pour apercevoir au loin les volcans. Tellement peu dégagé d'ailleurs qu'il se remet à pleuvoir. Ponchos, à l'attaque, c'est parti pour une marche sous une pluie bien soutenue.
Arrivée au camp pour déjeuner, juste à temps car l'averse se transforme en déluge tropical impressionnant. Sûrement un dernier salut de l'Amazonie avant notre départ !
L'Amazonie (enfin, le peu que j'ai pu en découvrir, puisque Provenir n'est qu'au début de la région), m'a surpise : moins chaud et moins humide (!) que je ne le pensais.
J'ai eu le plaisir de croiser des tas d'animaux : des araignées de toutes sortes (et de tous dangers), des fourmis qui se mangent au goût de citron (j'irai pas jusqu'à en faire mon repas) ou fourmis anti-moustiques, serpents, insectes de tous bords, papillons magnifiques, oiseaux, perroquets, singes...
Certaines plantes m'ont également fait halluciner, dans le désordre :
* la quantité de plantes qui ont un système de self-défense impitoyable : on ne peut rien toucher sans se méfier !
* les plantes aux fibres presque "prêtes à l'emploi" pour des vêtements ou pour les fameux chapeaux de Panama, qui viennent comme leur nom ne l'indique pas d'Equateur
* les plantes hallucinogènes au pouvoir vraiment très fort (perte de mémoire à vie pour certaines en cas de surdose)
* les plantes qui soignent, présentes à foison...
Mais le plus fort, ce sont deux plantes bien particulières. L'arbre qui "saigne" : quand on le coupe, on dirait vraiment du sang, et ce "sang" a de multiples vertus médicinales. Et encore plus fort, l'arbre qui "marche" ! Avec ses racines qui poussent vers le bas à durée de vie limitée, cet arbre se déplace de 40 cm par an en moyenne !
Un monde à part...
|