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Chine - Shanghai


de Aurélia, 27-11-2005

Dualité à Shanghai


10h de vol, 3h de décalage horaire, me voici arrivée à Shanghai ! Hier soir, Sébastien, famille de Manu Moquette, est venu m'acceuillir à l'aéroport. Avec Karine et Gabin, leur bout de chou, ils m'ouvent les portes de leur maison a Shanghai pour ma premiere étape chinoise, l'idéal pour commencer en douceur ce nouveau périple.

Je suis réveillée aux aurores, impossible de dormir malgré mon envie de profiter de ce lit moelleux, de cette chambre calme et seule, fortement appréciable et appréciée après les dortoirs. J'ai bien du mal à croire que mon "insomnie" est du au jet lag, 3h ne représentant rien par rapport à tout ce dont j'ai habitué mon corps dernièrement !
Douche et chocolat chaud, puis Karine me fournit toutes les infos dont je peux avoir besoin et bien plus : guides touristiques, plan, carte de métro, conseils... Bref, je suis parée pour mes prochains jours en Chine. Fin de matinée, je me lance dans l'aventure chinoise sourire aux lèvres.

La petite famille habite à 2 pas du métro, qui va être mon moyen de transport privilegié pour ces jours-ci. Propre, moderne, facile à utiliser avec les gares annoncées en Mandarin et en Anglais, le métro à Shanghai, comme à Paris, a Buenos Aires ou au Caire, est facile à comprendre et rapide. 10 stations plus loin, me voici à Remin (people) square, le coeur de Shanghai, où à ma grande surprise une
batterie de fast-foods s'affichent ostensiblement face au palais de la culture des Travailleurs. Shanghai est une ville moderne !

Sise à l'embouchure du Yangzi, elle occupait un
position idéale pour devenir un port de commerce. Simple petite ville vivant de la pêche avant l'arrivée des anglais en 1842 qui établirent la 1ère concession, suivis par les français en 1847 et les japonnais en 1895, elle a depuis bien changé. En 1930 Shanghai comptait 60000 étrangers résidents et était le port de commerce le plus actif en Asie. La ville
bâtit sa fortune sur l'opium, la soie et le thé. Et devint la ville des aventuriers, des joueurs, des oisifs, des dandys, des missionnaires, des opiomanes, des gangsters et des margoulins... Un lieu de vice et d'exploitation, les pauvres étant reduits presque à l'esclavage. Un terrain qui favorisera l'émergence d'opinions radicales. Le Parti Communiste Chinois fut créé ici en 1921 et "libéra" la ville en 1949, la réhabilitant ainsi que des milliers de drogués à l'opium, supprimant le travail forcé et le travail des enfants.
En 1990, décision fut prise de développer Shanghai dont l'optique d'en faire un centre financier majeur. Aujourd'hui, Shanghai est une ville de 13,2 millions d'habitants, la plus grande ville chinoise, en perpétuelle changement et pleine de contraste. Bienvenue dans la Chine moderne !

Ma journee commence dans les quartiers près de Remin square, de longues rues bordées de boutiques "comme chez nous" et chargées de voitures, mais aussi encore pas mal de vélos et de petites échoppes discrètes qui semblent disparaître, engluées par les constructions voisines. Mes 1ers objectifs sont basiques : acheter le dernier Lonely Planet et manger. Je trouve sans trop de dfficulté une librairie avec un rayon en anglais sur les indications de Karine et le Lonely Planet. Car je suis à Shanghai. Il n'en serait pas de même à Beijing. Le gouvernement chinois n'apprécie guère ce qui est écrit dans ce guide et de ce fait celui-ci est donc interdit de vente à Beijing dans toutes les librairies sauf une, sous réserve de le vendre exclusivement à des étrangers. Histoire que cela ne donne pas de mauvaises pensées à son peuple. Cela donne le ton.
Mon déjeuner est plutôt comique. J'aurais pu choisir un resto avec menu en anglais ou au moins des photos, mais non. La serveuse était souriante alors je suis entrée dans ce petit resto exclusivement madarin. Personne ne me comprend et je ne comprends personne, logique. Je choisis un plat au hasard sur la carte. La serveuse m'explique je-ne-sais-quoi. Regard vide de mon côté. Les autres serveuses viennent à son aide des fois que je comprenne mieux le mandarin quand 5 personnes me repètent la même chose. Peine perdue, je ne suis pas frappée d'illumination mandarine pour autant. Elles s'amusent beaucoup de la situation -et moi aussi. Je déduis que je devrais choisir autre chose et pointe mon doigt sur d'autres caractères inintelligibles. Au final, un bon fried rice et une soupe infame (genre poisson pourri et vieilles algues) que je laisse de côté.

Je me dirige ensuite vers le Bund (terme anglo-indien désignant un quai sur une berge boueuse -dis comme ca, cela ne fait pas rêver), symbole de Shanghai, construit le long de la rivière Huangpu. Il se dégage une certaine sérénité du Bund : son mélange d'architecture néoclassique des années 30 et d'architecture monumentale égyptienne rappelle l'époque où le Bund
était le Wall Street de Shanghai. Les fortunes se faisaient et se défaisaient ici. L'un des
établissements les plus célèbres de l'époque était la firme anglaise Jardine Matheson & Company, qui possède aujourd'hui environ la moitié de Hong Kong... pas mal, non ?
J'opte pour deux ballades décrites dans le guide. Et la surprise. Bien qu'imprimé en mai 2005, donc rédige fin 2003-début 2004, la description est loin d'être exacte ! Une des rues décrites comme "intouchées" est désormais boîtante, tout un côté de la rue rase, attendant de nouvelles constructions. D'après Deb, la moitie des grues du monde sont en Chine et je veux bien le croire. Pas une seule rue se voit épargnée de la folie constructive. Jour et nuit, 7j/7, les ouvriers travaillent à transformer leur cité. Il est coutume de dire qu'on peut s'endormir le soir et ne pas reconnaître la vue de sa fenêtre au réveil...

Mes pérégrinations m'emmènent ensuite à Nanjing Donglu, une rue paraît-il un peu en déclin, longtemps passée pour les Champs-élysées chinois. Exclusivement piétonne, entièrement dédiée à la fièvre acheteuse plutôt chic et clinquante, une foule s'y presse. Qu'ils sont nombreux ces chinois !
J'achète a un bureau des billets de train pour demain, ce qui n'est pas une mince affaire. La personne supposée parler anglais à un niveau plus que basique. Déjà que sa collègue avait abandonné l'affaire et éteint l'ordinateur sous mon nez ! Reste que j'obtiens mes billets pour demain en version "siège mou".
J'oublie aussi dans ce récit de mes aventures l'achat d'une montre "Gucci". Je voulais pas une imitation de marque à la base, mais il n'y a que ça ! Sur les précieux conseils de Karine, je négocie ferme. Prix de départ annonce : 300Y. Prix final : 30Y (=3E). Merci Karine, je n'aurai spontanément jamais autant baissé ! Diviser un prix par 10, c'est pas rien !

Le soir, je rentre dîner avec Karine, Seb et Gabin. Un repas à la française, c'est sympa ! J'ai même l'un de mes desserts préférés, une crême aux oeufs.

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