
Premiere approche de l'Isla de Pascua Reveil sous le soleil face au Pacifique, quoi de mieux pour commencer la journee ? Realiser que je suis sur l'Ile de Paques ! L'Ile de Paques, une ile mysterieuse, une ile qui fascine, la plus eloignee au monde de toute terre habitee. Tellement isolee qu'il y a 30 ans a peine, l'ile ne recevait qu'un bateau de guerre par an apportant vivres et materiels. Difficile d'imaginer un tel isolement sur cette minuscule ile dont la forme quasi parfaite est celle d'un triangle isocele, longue de 23km sur 12km de large (173km2). Pour mieux s'impregner de l'ile, Olivier et moi decidons de la visiter a pied, en repartissant notre temps en 4j de rando, un jour pour chaque "pointe" de l'ile et un jour pour son centre. Nous optons aujourd'hui pour une rando jusqu'a la pointe sud ouest, proche de Hanga Roa, seule ville et "capitale" de l'ile, regroupant quasiment tous les 3500 habitants de l'ile. En route avec les deux chiens de Marta&Rocher qui nous ont pris en affection, respectivement surnommes par mes soins "Gros Pif" et "Vagabond". 1ere etape, l'Ahu Riata, mon 1er moai, l'ile de Paques devient une realite pour moi ! Ah, les celebres moai, dont tout le monde, ou presque, a au moins une image en tete. On recence pres de 900 de ces mysterieuses statues, dont les plus anciennes semblent avoir ete taillees des l'an 800. Elevees pour la plupart et comme celle-ci en bord de mer, les yeux tournes vers l'interieur des terres, ces statues personnifiaient les ancetres fondateurs de chaque clan, protegeant les descendants et transmettant la mana (force spirituelle). Les ahus sont les plates-formes ceremonielles qui supportent les moai. Centres religieux et sociaux du clan, elles abritaient des chambres funeraires ou etaient entreposes les ossements. Devant le ahu etait amenagee une pente douce composee de galets ronds et qqs uns possedaient une sorte de rampe descendant vers la mer pour la remontee des canots. Un peu plus loin, la grotte d'Ana Kai Tangata, grotte de lave beante s'ouvrant sur la mer, avec des vestiges de peintures rupestres datant de 350 ans, surtout des oiseaux tracee avec des piments blancs et ocres. Les chiens en profitent pour se rafraichir en mer, indifferents a ces visites, puis nous repartons tous les 4 le coeur en fete pour 2h30 de marche pour atteindre la volcan Rano Kau. Nee au milieu du Pacifique par une breche de l'ecorse terrestre, l'ile de Paques a ete constituee par 3 volcans principaux aujourd'hui eteints : le Poike (3 millions d'annees), le Terevaka (300000 ans), le plus haut culminant a 511m et le Rano Kau (2,5 millions d'annees) ou nous sommes. Arrives au bord du cratere, quel spectacle ! Parfaitement rond, large de 1600m, creux sur 200m de profondeur, le fond du cratere se compose de dizaines de petits lacs couverts de totora (des joncs), un incrayable patchwork. Ces "yeux qui regardent le ciel" prennent des teintes differentes, du bleu intense au gris fonce en fonction de la luminosite et des nuages qui passent. L'endroit rever pour pique-niquer et se reposer, d'autant que le lieu est deserte par tout touriste. Entre le cratere de Rano Kau et la falaise qui le delimite s'ancre le village d'Orongo, village ceremoniel lie au Tangata Manu, le culte de l'homme-oiseau datant du XVII-XIXe siecle. Petit retour historique pour comprendre ce site et l'histoire de l'ile. On ne sait pas precisemment a quelle epoque remonte le peuplement de l'ile mais a priori, un peuple polysesien (ile Marquise?) serait venu 1500 ans auparavant. La tradition orale pascuane evoque un roi vaincu, Hotu Matu'a, parti a la recherche d'une terre d'accueil et debarquant a Rapa Nui pour fonder la 1ere dynastie de l'ile. Chaqun de ses 6 fils serait a l'origine des principales tribus (mata). Du peuplement de l'ile aux annees 1680 domine la culture de l'ahu moai avec l'erection des fameuses statues. L'ile etait alors partageee entre 10-12 tribus dont la plus importante etait la tribu Miru, dont furent issus tous les ariki (rois). Mais le pouvoir unique de l'ariki mau declina, sans doute suite a des guerres entre tribus pour la suprematie et a une surpopulation chronique (a cette epoque, on estime entre 10000 et 15000 le nombre d'habitants. Sur une ile aussi petite et aux ressources ausi maigres, les problemes souleves devaient etre considerables). C'est ce qui favorise l'emergence du fameux culte de l'homme-oiseau au XVIIe siecle, culte qui permet d'introduire une rotation du ouvoir temporel et spirituel entre les differentes tribus auparavant toutes soumises on l'a vu a la lignee royale de Miru (culte des moai). Une fois par an, une serie de grandes ceremonies reunissaient a Orongo le roi, les grands pretres et les representants de chaque tribu. Chaque tribu designeait son hopu Manu, un serviteur dont la tache consistait a trouver et ramener a la nage, attache au front, le 1er oeuf d'un oiseau depuis l'ilots de Motu Nui. Le serviteur qui parvenait au but avec l'oeuf intact devenanti l'homme oiseau, fete comme un demi-dieu. Dans ce village d'Orongo, 53 maisons basses de forme elliptique en pierre de basalte sont restaurees et sur de gros rochers se devoilent de nombreux petroglyphes, la majorite represente l'homme-oiseau, depeint sous la forme d'un corps humain recroqueville avec une tete d-oiseau a gros oeil et terminee par un grand bec crochu. La aussi, le site semble etre pour nous seuls et le calme du lieu ajoute a son charme. Nous retrournons ensuite sur Hanga Roa en longeant le littoral pour atteindre en fin d'apres-midi c, de l'autre cote de la ville. Adosse a la mer comme la plupart, l'Ahu Tahai compte 3 serie de plates-formes. Sur deux d'entre elles se dressent un seul moai solitaire dont le celebre moai Ko Te Riku qui a retrouve son pukao (chapeau/chignon rouge pesant plus de 10 tonne !) et ses yeux, le seul de l'ile dans ce cas. Les yeux de corails representaient le "visage vivant" d'un ancetre particulier pouvant ainsi projeter son manu sur ses descendants et leur territoire. La 3e plate-forme supporte un bel ensemble de 5 statues plus ou moins tronquees, de style archaique. Magique. Assise sur l'herbe entre ces moai pres du cercle de pierre des mediums a la rencontre des esprits, mon imagination s'emballe et je me sens comme emportee par ce lieu. Nous restons la jusqu'apres le couche du soleil avant de rejoindre notre chaleureux camping et faire la connaissance des hotes de Marta et Roger. Sylvain, francais vivant a Tahiti, Marco italien installe ici depuis 8 mois, une famille hollandaise en voyage pour 4 mois et enfin Rodolph, surnomme Rol, probablement l'espagnol qui a le plus a charme sur la planete Terre !
Randonnee d'Hanga Roa a Anakena Reveil matinal pour une belle journee de rando en perspective. Vaine tentative pour laisser les 2 chiens au camping, nous attaachons Gros Pif mais Vagabond vient avec nous. Je dois reconnaitre que c'est un vrai plaisir de marcher avec un chien, surtout aussi attachant que Vagabond. Au programme, longue toute la cote ouest de l'ile vers le nord puis rejoindre la plage d'Anakena, soit pres de 8h de marche d'apres nos estimations, qui s'avererons tres justes. Nous repassons par la route de l'Ahu Tahai puis peu apres l'Ahu Akapu, petit centre ceremoniel avec un unique moai redresse. La cote que nous longeons tous les 3 est desolee, tres seche, avec la lave omnipresente et de hautes falaises ou s'ecrassent avec force et fracas les vagues du Pacifique. L'endroit nous seduit pour notre pique-nique. Du haut de ces falaises, je ressent un sentiment mele d'abandon et de puissance que devait ressentir les 1ers navigateurs polynesiens etablis sur ce minuscule rocher a des milliers de km de toute terre habitee, donc au centre absolu des immensites marines qui les entouraient. D'ailleurs, c'est surement pour cette raison que ces 1ers habitant nommaient l'ile Te Pito o Te Huena, le nombril du monde Nous reprennosn ensuite notre route sur cette cote abritant de nombreux signes d'une intense activite socaile et religieuse : lieu d'habitat, cave/grotte, moai renverses... La tres grande majorite des moai n'ont pas ete redresse. A l'epoque de la revolte contre la tribu dominante, les vainqueurs renversaient face contre terre les moai adverses. Le sentier nous fait traverser ces etendues sauvages, uniquement peuplees de chevaux et de caches paissant en liberte. Mais avec Vagabond, quelle epopee ! Ce chien aime tout particulierment un petit jeu qui consiste a deranger le maximum de chevaux et de vaches et nous n'en menons pas large parfois, nous retrouvant courses par des vaches qui semblent sur le point de nous charger ! Quel cabot infernal. Nous ne croisons quasiment personne de tout le sentier, 2-3 touristes tout au plus, et qqs cow-boys pascuans, fiers cavaliers surveillant leur betail. Alors que la fatigue commence a se faire sentir, nous decouvrons avec emerveillement le but ultime de notre rando : la plage d'Anakena. Une magnifique plage de sable blanc et fin en forme de croissant, avec la seule cocoteraie de l'ile. Cela suffirait en soi a en faire u lieu fantastique, mais s'ajoute de surcroit l'Ahu Nau Nau dominant superbement l'ensemble. 7 statues dont 5 sont intactes et 4 possedent encore leur pukao. Plus loin, l'Ahu Ature Huke, l'un des 1ers moai redresses (1956), grace a la technique des petits cailloux, qui fut probablement celle utilisee a l'epoque. Cette technique consiste a lever cm par cm le moai a l'aide de leviers et de cordes. Chaque fois qu'il bouge, on glisse des petits cailloux dans le vide et ainsi de suite. 10j et 12 hommes ont suffit pour redresser ce moai. Mais en toute franchise, avant d'observer ces statues de plus pres, nsou avons enfileer nos maillots de bain pour profiter du plaisir de se baigner dans le Pacifique, un regal malgre l'eau plutot fraiche. Vagabond quand a lui pique un roupillon sur la plage, le meilleur gardien qui soit pour nos affaires. Vers 18h, nous envisageons le retour, impossible a faire a pied. Reste donc l'option du stop sur laquelle nous nous sommes bases ce matin en partant. Seilemetn au depart, nous n'avions pas prevu d'avoir un chien colle a nos baskets ! Cela risque de compliquer l'affaire ! Sur le parking, j'appercois un couple qui se dirige vers la sortie, je leur saute dessus pour leur demander s'ils peuvent nous raccompagner a Hanga Roa. Coup de bol, ils sont en fourgonette et acceptent de nosu prendre avec notre chien, apres avoir promi qu'il serait rsage comme une image. Ils nous deposent en ville, reste plus qu'a faire qqs courses pour ce soir et demain midi. Vu les tarfis ici, nous faissons une croix sur les resto et cuisinons midi et soir notre tambouille.
Rano Raraku, un site d'exception ! Reveil sous la grisaille. Du coup, moins d'entrain pour cette nouvelle journee de marche. Esperons que cela se degage. Apres 1h de marche, nous tentons avec succes le stop et une voiture nous conduit a la plage d'Anakena, d'ou nous pouvons reprendre notre excursion la ou nous l'avions laisse hier. Ballade aux allentours, re-emerveillement devant les moai et la plage puis nous croisons un couple qui s'apprete a monter dans leur voiture de loc. Je les aborde, ils sont francais et extrememment sympa : ce n'est pas leur route mais ils acceptent de nous conduire a notre prochaine etape ! Ils nous deposent donc au pied de l'Ahu Tongariko (2h30-3h de marche epargne) ou nous pique-niquons, face au plus important site de moai de l'ile : 15 statues geantes de differents tailles dont une avec son pukao sur un meme ahu long de 200m et sureleve en son centre de 3m. Avec pour la touche bucolique de nombreux chevaux se balladant en liberte tout autour de nous. Sympathique a souhait, si ce n’est qu’a peine notre déjeuner termine il se met a pleuvoir. Nous reprenons la route poncho sorti pour rejoindre Rano Raraku, un site exceptionnel. Ce volcan servit de carrière a quasiment tous les moai de l’île. Sa roche faite de tuf et de cendre compressées procure un excellent matériau, travaille avec pics et haches polis de basalte. La pluie cesse et nous permet d’explorer ce site impressionnant. Au pied du volcan, des statues, véritables sentinelles droites fixant l’horizon, gardent le lieu. Balayant les 180 degrés, elles devaient être investies d’une mission de protection ou d’observation. La légende rapporte que chacune scrutait une partie du monde dont elle détenait le pouvoir. Repartis sur les versants, des dizaines voire des centaines de moai inachevés, abandonnés en cours de transport, cassés… L’abandon de ces statues résulte sûrement de la révolution sociale qui accompagna la fin du culte des moai et qui fut probablement fulgurante. Autre hypothèse : une longue série de cataclysme naturels auraient pousse les tribus pascuanes a délaisser ces ancêtres protecteurs inefficaces. D’autres facteurs s’ajoutent peut-être : surexploitation des ressources, manque de bois pour faire glisser les moai vers leur destination, guerres, épidémies… Des que l’on monte sur les pentes, nous découvrons les 1eres carrières et l’ampleur du travail. Deux techniques de fabrication existaient : sculpter directement dans la masse ou bien a l’intérieur d’une grotte créée artificiellement en taillant d’abord des couloir pour isoler le bloc qui allait être travaille. Un labeur colossal dans les deux cas ! En haut du cratère, nous apercevons en son centre un petit lac très joli dont malheureusement les couleurs ne ressortent pas autant qu’elles le pourraient vu la grisaille du ciel. La encore, nous sommes les seuls touristes sur ce site incroyable, ce qui est génial pour visiter, mais beaucoup moins pour la suite prévue des événements. Il est déjà 16h et nous comptons sur une voiture pour nous raccompagner en ville. Car rien que rejoindre la route principale, c’est encore 13km à pied, no way ! Par chance, une voiture break débarque sur le site pour une visite express et je vais franco expliquer a la conductrice qu’elle doit nous prendre en stop, que nous n’avons pas d’autre choix ! Sympa, elle casse ses gamins (7 en tout !) dans le coffre pour nous permettre de monter. Et nous offre gâteaux secs et jus de fruit en prime. Les gens sur cette île sont décidemment adorables. Heureusement car nous ne croiserons pas d’autre voiture avant de rejoindre la route principale et la pluie recommence à tomber. La route retour longue la cote, ce qui nous permet d’apercevoir les autres sites. La boucle est bouclée, nous avons fait le tour complet de l’île ! Soirée dans la cuisine au camping, original non, pour un samedi soir ? Dernière étape : Le centre de l’île
Ce matin, réveil de bonne heure pour un programme fort inhabituel : je vais a la messe a 9h ! Non, je ne suis ni malade ni tombée sur la tête. C’est tout simplement le meilleur moyen d’écouter dans chants Rapa nui et je ne le regrette pas. Dans cette église pleine à craquer, les chants sont de toute beauté. Le curé prêche a la fois en rapa nui et en espagnol, avec quelques phrases en anglais parsemées de-ci de-la pour ratisser large. Motivé et enthousiaste, il tient a faire passer son message ! Olivier me rejoint après la messe pour notre rando du jour, en compagnie de Vagabond bien sur. Nous allons cette fois au centre de l’île, à 10km de Hanga Roa. De la pluie fine nous accompagne sur une bonne partie du sentier, pas de doute sur la raison du vert tendre des collines environnantes. Au bout du sentier, l’Ahu Akivi. Commémoratif plus que dédie aux ancêtres, c’est le seul dont l’alignement soit tournes vers la mer, en un lieu ou n’existait aucun village. Ses sept superbes moai redressés personnifient les sept envoyés du roi Hotu Matu’a venus reconnaître l’île. Pique-nique entre deux gouttes d’eau, nous avons même droit à un rayon de soleil, puis nous reprenons notre marche vers la grotte de Te Pahu, l’une des plus vastes de l’île, utilisée jusqu’en 1938 ! Cette grotte est en fait un tunnel de lave forme lors de l’une des éruptions de l’île : lorsque le magma, en partie refroidi, se mit a se figer en surface, il continua à s’écouler de manière souterraine par ce large boyau. Nous poursuivons ensuite jusqu'à la cote ou nous rencontrons un fiston promenant son père, avec qui je discute. Vu la météo de moins en moins folichone, j’en profite pour leur demander s’ils pourraient nous raccompagner en ville, avec le chien dans le coffre bien sur... nous n’allons pas abandonner Vagabond ! Ils acceptent bien volontiers et vont même jusqu'à nous déposer devant l’entrée du camping, le luxe total ! Soirée agréable au camping, notre QG, à faire connaissance avec des petits nouveaux coréens et japonais, et longue discussion en espagnol avec Rol, décidemment un type super.
Bonus special : l´histoire recente de l'île Cette île me passionne et je ne tiens pas à réduire l’île de Pâques au mystère de ses statues, car son histoire récente m’a beaucoup touchée. Officiellement, Rapa Nui est découverte seulement en 1722 par Jacob Roggeveen, un hollandais. Comme c’est le jour de Pâques, il nomme tout bonnement l’île « Pasqua ». D’autres navigateurs célèbres arriveront sur l’île, tels James Cook (1774) ou La Pérouse (1786). En 1770, le vice-roi du Pérou prend possession de l’île au nom du roi d’Espagne. La 1ere moitié du XIXe siècle est marquée par diverses expéditions d’aventuriers venus piller l’île ou capturer des esclaves pour le travail en Amérique du Sud. En 1863 se déroule une véritable tragédie. Des bateaux péruviens débarquent pour réduire en esclavage la plus grande partie de la population et l’emmener dans les mines de guano au Pérou. Ceux qui résistent sont tues. Un millier de personnes est fait prisonnier. Des protestations internationales se font entendre, mais le temps que le Pérou se décide a libérer les pascuans, il est malheureusement trop tard : plus de 80% d’entre eux sont morts d’épuisement et de maladie. Une centaine de survivants réembarquent pour l’île de Pâques, mais le sort les poursuit. Pendant le voyage, la variole décime les passagers et les 15 ultimes rescapes la transmette au derniers habitants de l’île. En 1864, sur les 5000 habitants avant le raid, il ne subsiste que quelques centaines et la mémoire de l’île est presque anéantie. 1870 est une autre anne noire. Manipulée par des aventuriers, la population se divise et beaucoup quittent l'île. Le francais Dutrou-Bornier debarque, se proclame roi et exploite les pascuans avant de se faire assassiner. Bientot, il ne reste plus que 110 habitants ! En septembre 1888, don Policarpo Toro prend officiellement possession del 'ile au nom du Chili. Quelques annes plus tard, les terres sont louees a une compagnie britanique pour l'elevage des moutons. Le pire est a venir : les pascuans sont regroupes a Hanga Roa et le villa ge est entouré de barbelés ! Pour sortir, ils leur faut une autorisation militaire. Situation invraissemblable : les pascuans sont prisonniers sur leur propre île ! Le contrat de location prend fin en 1952, mais ce n'est que dans les années 1960 que le regime se libéralise. En 1966, les pascuans obtiennent le droit de vote et des papiers d'identite. Leur conditions de vie s'ameliorent : eau courante, electricité et école sont desormais disponibles.
Aujourd'hui, le tourisme est la premiere richesse de l'île et lui assure un niveau de vie superieur au continent. Les pascuans humilies, colonises, retrouvent seulement maintenant la fierte de leur culture qu'ils redecouvrent. |