
Chiloé, longue de 200 km et large de 50 km occupe un place à part au Chili, par son isolement, sa spécificité géographique, historique et culturelle. Découverte en 1553 par les espagnols, elle fut rapidement colonisée par les jésuites. Bastillon important de la résistance royaliste pendant la guerre d'indépendance, les chilotes furent les derniers à accepter la rupture avec l'Espagne. Mais le trait fort de cette île, c'est aussi son climat, la pluie y règne en maître ! L'île est verte, très verte...
Castro, où nous séjournons, est une petite ville charmante. Capitale de l'île, installée dans une belle crique protégée, elle réunit des styles d'architecture différents, dont celui des palifitos, des maisons sur pilotis, une cathédrale orange et mauve et des rues bordées de maisons toutes plus colorées les unes que les autres. Un cocktail envoûtant qui me fait regretter le manque d'imagination français dans l'usage des coloris pour nos maisons.
Dans la matinée, nous prenons un bus pour aller visiter l'île de Quinchao, avec une première étape au petit village de pêcheurs d'Achao, où le temps qui passe ne semble guère perturber ses habitants. Une belle église faite exclusivement de bois, la plus ancienne de l'île (1730), un joli port de pêche, des ado jouant sur la plage et nous interpelant, de mignonnes maisons colorées, un bon resto de poisson, bref, de quoi occuper agréablement quelques heures de la journée. Et la cerise sur le gateau, c'est le mirador à l'extérieur de la ville, qui surplombe Achao et surtout permet de voir sous le soleil le continent, la cordillère et ses volcans magnifiques. Enchanteur ! Cela nous motive pour prendre le ferry lundi. Si le temps reste ainsi miraculeusement au beau fixe, cela serait un régal !
Un peu d'auto-stop plus tard, nous voici au village Curacó de Vélez, là aussi aux habitations multicolores. Le village a même été déclaré Monument National ! Les maisons traditionnelles, en planchettes de bois superposées comme des ardoises, sont extraordinairement bien préservées. Un petit tour à l'église, verte à l'extérieur et tout de bois a l'intérieur, on se croirait à l'intérieur d'un bateau !
Encore un peu de stop puis un bus pour revenir à Dalcahue (euh, honte à nous, nous avons "décidé" de ne pas payer le bus, pour cause de distance trop courte et prix trop élevé au prorata, mouais...), pour un bref arr^ét, le temps de manger une glace et aller voir l'église, l'une des 9 églises déclarées Monument National sur les 150 restantes debout.
Retour en fin de journée sur Castro, ballade le long des ruelles colorées du port.
Le Parque Nacional Chiloé
Aujourd'hui dimanche 9 octobre, changement d'horaire au Chili, qui passe à l'heure d'été ! Du coup, le bus pour Cucao nous paraît bien matinal. Le trajet va prendre 2 bonnes heures ; bien qu'en km cela ne soit pas si loin, seule une partie de la route est goudronnée et la suite est cahotique.
Cucao est le village porte d'entrée au Parque nacional Chiloé créé en 1982 et couvrant 43000 ha. Le seul problème de ce parc, c'est le manque de sentier balisé et hors saison oblige, il n'y a personne pour nous renseigner. Dommage, nous devons nous contenter des deux seuls sentiers indiqués, l'un vers une belle plage océane, l'autre permettant de visiter la forêt vierge "impénétrable" (c'est son nom), une des curiosité de Chiloé. Cette forêt dense aux arbres sinueux et torturés, aux racines incroyable, aux plantes emmêlées, offre une fort jolie promenade dominicale. La météo quant à elle est plus conforme à la région qu'hier : nuage et petite pluie fine régulière.
Pour quitter le parc sans attendre des plombes le bus, je tente ma chance auprès de la famille Bidochon venue ici avec leur bel Espace pour pique-niquer. Parents, beaufs, enfants et grands-parents n'ont pas poussé la ballade plus loin que le parking. La nappe encore dépliée juste à côté de la voiture, à moins d'un mètre, ils sont en train de ranger les restes du pique-nique, nourriture, bouteille de coca de 2 litres et bien sûr le vin en bric Tetra Pack, tout reste intact. Le conducteur, style camionneur de 130 kg avec son marcel, nous propose -après réflexion- de nous embarquer. Bien que la voiture soit déjà bien remplie, tous se tassent pour nous faire une petite place, adorable de leur part. Ils nous déposent 1 h 30 plus tard à Chonchi, où nous voulions descendre pour jeter un oeil à l'église San Carlos (oui, encore une église, mais c'est la grande attraction de l'île vous comprenez), construite par les jésuites en 1754 et transformée un siècle plus tard dans un style néo-classique, dixit les panneaux explicatifs. Un bel exemple de l'architecture chilote.
Nous reprenons ensuite la route à pied en direction de Catro, le pouce en l'air à chaque passage de voiture. Succès après 30 minutes de marche, une voiture s'arrête et nous dépose à deux pas de notre hospedaje.
Bien que la météo soit moyenne, nous décidons de laisser tomber notre option sur le bus pour prendre demain le ferry Navimag. |