
J'arrive en début d'après-midi à Siem Reap, après un long détour par Bangkok. Dire que depuis le Sud du Laos où j'ai fini mon périple, je voyais le Cambodge ! Tout ça pour des stupides histoires de visa. Au lieu de franchir la frontière depuis les îles Si Phan Don où je me trouvais, j'ai commencé la veille à 7h du mat par une traversée en pirogue pour quitter les îles du Mekong puis un tuk-tuk à 8h pour Pakse (3 bonnes heures de route) où j'ai juste pris le temps de récupérer mon sac à dos laissé là et manger un morceau. De là, re-tuk-tuk pour la gare routière où j'ai pris... un tuk-tuk (encore un) pour la frontière avec la Thaïlande, à 1h de Pakse. Coup de tampon de sortie du Laos (facture 1S car week-end) puis tampon d'entrée en Thaï. 2h30 d'attente à la frontière pour le bus de nuit à 17h30 pour Bangkok. Pas de doute en tout cas, nous avons bien changé de pays : beaucoup de monde, de l'agitation, des marchés plus riches en produits et des délicieuses boules à la noix de coco ! Hum, la Thaï est tout de même le meilleur pays culinaire d'Asie. Le trajet en bus s’est fait à la thaïlandaise et non à la laotienne : chauffeur surexcité qui roule comme un taré, pied sur la pédale d'accélération et coups de klaxon. Au lieu d'arriver à 5h du mat comme prévu, nous avons débarqué à 4h. La gare routière de Bangkok était déjà grouillante de monde à l’heure où les coqs se mettent à chanter au Laos. Adieu rapide à Esther et Joerg puis j’ai pris un autre bus à 5h du mat pour Aranya Prathet , ville frontière avec la Cambodge, à 4h de route. Quel détour ! At least, the weather is fine…
De Aranya Prathet, un tuk-tuk m’a conduit au poste frontière où j’ai obtenu mon visa pour le Cambodge et franchi la frontière à Poipet, ville surprenante avec ses dizaines de casinos.
Tout y est admirablement organisé pour les touristes avec ses navettes gratuites jusqu'à la station de taxi partagée, une belle arnaque financière. Les tarifs ont plus que doublé en 1 an, le trajet passant à 10S par personne pour rejoindre Siem Reap. J’ai attendu d’autres touristes un bon moment pour partager le taxi et nous nous sommes mis en route pour 3h chaotiques à travers la campagne cambodgienne qui donne le ton : le Cambodge est un pays visiblement pauvre.
Voilà l’histoire du détour ! Pas rien tout de même. Je vous laisse faire le calcul des heures de transport…
Siem Reap donc. J’y pose enfin mes valises pour 5 jours, contente d’être arrivée à destination et de prendre une douche.
Siem Reap, dont le nom signifie « siamois battus » (pas très délicat pour une ville proche de la Thaïlande) est une ville devenue importante (750 000 habitants), sans cesse s’agrandissant depuis les années 1990 où le calme revenu dans le pays draine un flot croissant (et nombreux) de touristes venus pour Angkor, passage obligé pour tout visiteur au Cambodge.
Venant du Laos, la ville me parait vivante, très agitée, bruyante, mais sans en être agressive. Quantité de conducteurs de motos et petits tuk-tuk m’interpellent mais aucun n’inciste face à un refus. Reste qu’il me faut refuser une proposition tous les 500 mètres, mais un non avec un sourire entraîne un sourire du conducteur et rien de plus.
La pauvreté, la misère même, du Cambodge me frappe, même si je m’y attendais. Une ballade en ville d’une heure suffit pour croiser des dizaines de mendiants et beaucoup de pauvres qui tentent de vendre des livres (photocopies) ou des cartes postales pour vivre, adultes comme enfants. S’ajoutent tous ceux à qui il manque un bras ou une jambe, voire les deux pour les plus malchanceux. Le pays a de lourdes séquelles de la récente guerre…
De nombreuses associations tentent d’aider les plus démunis et je vais visiter l’une de ces initiative, les Chantiers d’école. Cette école est destinée aux ados pauvres qui vivent ou vivaient à la campagne. L’objectif est de leur apprendre un artisnat, que ce soit scuplture sur bois ou pierre, dessin ou encore objet laqué ou travail de la soie. A la fin de leurs formations, ces jeunes peuvent soit retouner dans leur village d’origine et vivre de leur boulot soit, et quasiment tous font ce choix, rester travailler pour les Artisans d'Angkor. Plus de 750 personnes ont déja bénéficié de ce programme. Tous les bénéfices des ventes du magasin des Artisans d’Angkor sont injectés dans l’école pour financer des formations et offrir une nouvelle chance à d’autres jeunes. Cette école arrive maintenant à s'autofinancer. Une belle idée et un succès qui reste à confirmer dans le temps. |