
Mardi : Culture, quand tu nous tiens !
Je me lève de bonne heure pour assister à l'agitation matinale de la capitale au bord de la rivière Tonle Sap, rejoint à cet endroit par la mythique Mékong. Pendant que les businessmen en costard foncent au boulot, les sans-abri se réveillent et plient leurs 3-4 maigres affaires personnelles qu'ils ressortiront ce soir. Au choix pour la bonne chance du jour : acheter des offrandes faites de noix de coco fraîches et délicates fleurs de lotus ou payer pour libérer un de ces pauvres oiseaux en cage. L'oiseau sera sûrement bien vite rattrapé pour qu'un autre puisse à nouveau le libérer en échange de quelques riels... Ces différents spectacles animent en cette belle matinée le joli front de rivière bordé d'hôtels, restos et bars, aux allures chics. Dans les années 20, Phnom Penh était connue comme la perle de l'Asie, et la ville a encore quelques beaux "restes" !
Dès l'ouverture, je me rends au Palais Royal et à la Pagode argentée. Cet ensemble architectural est superbe, même si le Palais royal ne s'observe que de loin, interdit de s'en approcher et encore moins de le visiter. Ces magnifiques constructions ne sont pas sans me rappeler celles de Bangkok. Ce que ce sont les somptueux toits élancés, élégants, raffinés, s'élevant vers le ciel et remontant en délicates et multiples couches multicolores grâce aux tuiles jaunes, vertes, avec un brin de rouge.
Le "must-see" du coin, c'est bien sûr la Pagode argentée, ainsi nommée en raison de ces quelques 5000 plaques d'argent d'1 kg chacune qui en recouvrent le sol. Cette somptueuse Pagode fut relativement épargnée par les Khmers Rouges pour prouver au monde extérieur qu'ils se sentaient concernés par la richesse culturelle du pays. Enfin, 60% fut tout de même détruit. Ce qui reste est cependant d'une incroyable richesse. Quelques exemples ? L'escalier en marbre italien, la Bouddha d'émeraude en cristal de Baccarat, le bouddha au 23 kg d'or ou encore le bouddha à taille humaine recouvert de... 9584 diaments, le plus gros de 25 carats ! Bref, que de richesses, que de brillances, que de contrastes avec mes précédentes visites et la vie modeste de la majorité des Cambodgiens !
Début d'aprèm, direction le Psar Theim ou marché central, situé en plein centre ville (vous l'auriez deviné) dans un bâtiment Art deco jaunâtre. On y trouve de tout, des produits d'hygiène à la joaillerie, des vêtements aux fleurs, des poissons séchés aux fruits frais.
Après ce marché, je pénètre dans un shopping center flambant neuf, royaume des riches cambodgiens et des expats. Un univers à part, que rien ne semble relier au précèdent : supermarché avec tous les produits qui nous sont familiers et boutiques chics. A la sortie, pas mal de mendiants, pas fous, ils savent bien où se trouve l'argent...
Après ce break, retour à un brin de culture puisque c'est le thème de la journée, avec le Musée National, comprenant la plus belle collective de sculptures Khmer au monde (sic !), le tout abrité dans un très joli bâtiment donnant sur une rafraîchissante cour centrale très fleurie. Encore un lieu où je m'attarde longuement. Ma petite satisfaction puérile du jour ? J'ai réellement été bien attentive lors de mes visites des temples d'Angkor, car je reconnais plutôt bien tous les styles et je suis incollable et, avouons-le, brillante pour tout ce qui concerne mon chouchou, Banteay Srey. J'identifie sans me tromper une seule fois toutes les pièces venant de ce temple ou du même style et n'en loupe aucune ! C'est couillon mais ça me fait plaisir.
Mercredi : Pas envie de partir !
J'avais prévu de partir aujourd'hui, et pis, non, je me plais bien ici, je reste un jour de plus. Pas de grandes activités si ce n'est de senier au Psar Tuol Tom Pong ou Russian Market, "le" lieu pour tout achat souvenir (ce que je ne fais pas). Tout ce qu'on peut imaginer est là, avec bien sur les incontournables étals colorés de nourritures, du boucher au poissonnier, du fruitier au "fast-food", quelques nouilles sautées et hop ! Sans être excellent, c'est fort correct et très bon marché. A la pause "sieste", je me régale : certains sont affalés sur leurs marchandises, les autres, plus nombreux et mieux organisés, somnolent dans leur hamac, le nez au dessus de leurs saucisses. La confiance règne car n'importe qui pourrait faire ses emplettes sans que cela ne perturbe leur sommeil.
La crise de fou rire retenue du jour viendra d'une séance photo. J'ai besoin de photos d'identité pour mes prochains visa, je fais donc appel au service d'une charmante photographe qui prend son boulot très à coeur. Et au sérieux. Après m'avoir installée devant un fond bleu pétant (limite du genre que t'as mal aux yeux), elle me "positionne" au millimètre près. Par 3 fois avant d'enclencher, elle revient réajuster ma tête de quelques millimètres (perso, je sens pas la diffèrence), un coup à droite, à gauche, le menton plus haut, voilà c'est bien, on sourit, ah ! non, vous avez bougé alors on se remet bien et on sourit, non pas trop, juste sourire, pas rire sinon vous bougez... Dur de ne pas exploser de rire. J'ai hâte de voir le résultat demain.
Le soir, j'abandonne les quartiers classiques pour rejoindre au hasard une place où a lieu un concert pour le moins surprenant : les chanteurs doivent faire face à un public placide, pas le moindre applaudissement entre 2 chansons, ça vous parait normal ? Bonjour l'ambiance ! Pas besoin de chaise en tout cas, chacun est assis sur son scooter. Rigolo. Après le ciné et les fast-food drive-in, voici les concerts drive-in ! J'en profite pour dîner local dans l'une de ces gargottes improvisées qui s'installent le soir tombé. Au menu, nouilles de riz avec sauce curry aux os de poulet. Bon, on me l'avait plutot présenté comme un Poulet sauce curry, aussi franchement, y'a pas de viande, que quelques os et rien d'autre ! Ah, si j'exagère, vous me connaissez, y'a aussi un peu de peau du poulet. Ceci étant, la sauce curry est excellente ! |