
Présentation de l'équipe : Barbara, Française vivant en Chine, Ann & Damien, couple irlando australien, Hayley & Richie, couple australien, Anna, Londonienne à fond, Roberto notre guide, Asuncio notre chauffeur et sa femme Maria, notre cuisinière qui voyage dans un autre 4x4.
Jour 1 - Salar de Uyuni
Mise en route un peu longue, comme toujours en Bolivie, mais nous finissons par partir avec comme première étape el Cementerio de trenes, un terrain vague où repose une collection de locomotives à vapeur et de wagons délabrés et démantelés au fur et a mesure des "visites" de Boliviens à la recherche d'une pièce ou d'un bout de ferraille.
Ensuite, nous nous dirigeons vers le Salr de Uyuni avec un arrêt à Colchani, en bordure du Salar, ville où plusieurs usines de traitement iodent le sel et le conditionnent, ce qui est souvent fait manuellement. Nous visitons par la même occasion un Museo de Sal où tout est fait de sel, des murs du musée aux sculptures présentes à l'intérieur.
Puis nous atteignons réellement le Salar. A une période de l'histoire géologique, cette partie de l'altiplano était entièrement recouverte d'eau. Lorsque les eaux s'évaporèrent, l'endroit resta sec pendant 14000 ans (!) puis un autre lac apparut. En s'asséchant, celui-ci laissa 2 vastes concentrations de sel, les Salares de Uyuni et de Coipasa. Cette partie de l'altiplano est endoréique (son réseau hydrographique n'est pas raccordé à la mer mais se perd dans les terres - je deviens savante, non ?) et les dépôts de sel proviennent des minéraux arrachés à la montagne qui s'accumulent au point le plus bas.
D'une superficie de 12106 km2, le Salar de Uyni a 3653m d'altitude est le plus grand réservoir de sel du monde. La production annuelle du site de Colchani est estimée à près de 20.000 T et il reste au moins 10 milliards de tonnes de sel dans le Salar !
L'endroit est fantastique. A cette période, le Salar est asséché et il arbore un blanc aveuglant d'une incomparable beauté. Malgré les lunettes de soleil, je suis éblouie, au sens propre comme au sens figuré.
A côté de nous, des campesinos extraient le sel avec des pics et des pelles puis le ressemblent en petits monticules coniques, idéaux pour monter dessus et prendre des photos.
Le Salar est magique : avec la forte réverbération du soleil, on a l'impression que les montagnes au loin "flottent" au dessus du Salar !
Un peu plus loin, j'observe fascinée les "ojos del Salar" : de l'eau froide souterraine traverse la couche de sel et par endroit l'eau jaillit à la surface en bouillons et donne d'incroyables couleurs.
Nous reprenons la route jusqu'à l'Isla de los Pescados (Inca Huasi), une "île", une surface vallonnée posée au milieu du Salar, couverte de cactus Trichoreus et entourée d'une mer blanche. Ces cactus sont incroyables, mesurant pour certains plus de 12 mètres de hauteur ! Nous déjeunons ici il est temps (il est tout de même 16h) puis repartons pour notre traversée du Salar, une terre incroyablement plane, désolée et éclatante !
En fin de journée, nous arrivons à l'hôtel de sel où nous allons dormir. Tout est fait de sel là aussi, les murs, les tables et chaises sur lesquelles nous dînons, les lits... Délirant, le sol est fait en gros sel !
Pendant le dîner, Roberto nous raconte sa tumultueuse vie et plein d'histoires sur les Mines de Potosi et le proprio corrompu et malhonnête de l'hôtel Koala De de Potosi, celui que j'ai tant apprécié ! Je me demande bien quelle est la part de réalité et de fantaisies dans ses histoires, mais ces histoires à rebondissements dignes de la saga de l'été de TF1 sont divertissantes.
Avant de me coucher, quelques minutes consacrées à l'observation des étoiles, ciel fascinant, comme dans tous les déserts où aucune lumière ne perturbe la beauté céleste.
Bougies soufflées, couvertures empilées, prête pour la nuit !
Jour 2 - Du Salar à la merveilleuse Laguna Colorada
Nous quittons la région des Salars pour les provinces de Los Lipez. La majeure partie du territoire est protégée par la Reserva Nacional de Fauna Andina Eduardo Avaro créée en 1973 et dont le rôle principal est de protéger les vigognes et la lloreta (plante) menacées de disparition en Bolivie. Cette haute et vaste terre désertique est l'une des étendues sauvages les plus rudes de la planète. Dans ce foyer d'activité volcanique et géothermique, les terres regorgent de minéraux qui confèrent aux paysages et aux lagunes toute une gamme de couleurs surnaturelles que je d
découvre tout au long de la journée.
La route traverse le Salar de Chiguana, site de production de borax, puis nous faisons une étape comique par les momies ! Nous nous arrêtons sur un site où se trouvent de nombreuses momies, sans trop savoir si c'est du lard ou du cochon. J'ai bien du mal à croire à la véracité du lieu... et les explications ne sont guère convaincantes.
Plus loin se dessine l'Ollagüe (5865m), volcan actif couvert de neige à cheval sur la frontière bolivianno-chilienne. Une route accidentée grimpe ensuite vers de hautes terres toujours plus sauvages, passant par des lacs riches en minéraux, sites de prédilection des flamants roses des Andes, du Chili et de James, à 5000 m d'altitude ! Incroyable tous ces fiers échassiers au plumage rose qui se pavanent dans ses lagunes si saumâtres et à un telle altitude.
Nous déjeunons au bord de la première de ces lagunes, la Laguna Cañapa, un régal pour les yeux : eaux magnifiquement bleue, flamants roses, herbes jaunes, lamas blancs et bruns, le tout entouré de sommets. Quelle belle profusion de couleurs ! Lieu idéal pour notre pique-nique.
Plusieurs lagunes se succèdent ensuite dont la Laguna Ramaditas, elle aussi abritant une impressionnante colonie de flamants roses.
Après un parcours chaotique (certains passages nécessitent que nous descendions de voiture) à travers de merveilleux paysages, la route descend le long d'une colline jusqu'au Desierto Sitoli et l'Arbol de Pierda, une pierre en forme d'arbre. Mais c'est un peu plus loin que la beauté saisissante du Sud Lipez va me scotcher !
Car peu après, nous arrivons à la Laguna Colorada dévoilant ses eaux colorées à 4278 m sur 60 km. La Laguna Colorada doit son nom à la couleur rouge intense de ses eaux, absolument magnifique. Je suis enthousiaste, surexcitée et malgré le vent très froid qui souffle,je pourrais rester là des heures à la regarder, fascinée, avec ses nombreux flamants roses.
Son intense coloration rouge provient des algues et du plancton qui se développent dans ces eaux riches en minéraux. Ses rives sont bordées de dépôt d'un blanc étincelant (mélange de sodium, magnésium, borax et gypse). Quel fabuleux spectacle !
Pendant le dîner, nous avons franchement tous l'air comique avec toutes nos couches de vêtements (à se demander comment nous pouvons encore bouger), nos bonnets bien vissés sur nos têtes, tenant nos assiettes de soupe à pleine main pour tenter de se réchauffer ! Et c'est encore plus drôle de nous voir au coucher, toujours autant habillés et emmitouflés dans nos sacs de couchage recouverts de couvertures !
Ce soir la nuit sera froide, la région de cette lagune est réputée pour souvent descendre à -20C...
Jour 3 - Des geysers à la Laguna Verde
Réveil très matinal (5h) pour un départ avant le lever du soleil. La nuit fut effectivement très froide, -15°C dehors, en dessous de 0 dans le dortoir, mais avec mes deux sacs de couchage, impec, presque trop chaud ! Le contraste à la sortie du lit est saisissant.
Nous assistons au lever du soleil sur le champ de geysers de Sol de Mañana, qui s'étend à 4850 mètres d'altitude, avec des mares de boue bouillonnante, des fumerolles infernales et une forte odeur des vapeurs sulfureuses. Site impressionnant, je n'avais jamais rien vu de tel.
Nous reprenons la route pour les Termas de Polques, au pied du Cerro Polques : une vaste étendue d'eau avec un bassin d'où l'eau riche en minéraux jaillit entre 28 et 30°C. Très surprenant car on passe de cette eau très chaude à la surface gelée de ce lac en 1m à peine. Le lac du coup semble fumer...
La route poursuit à travers el Dieserto de Dali, nommé ainsi car y trônent d'immenses rochers qui semblent avoir été soigneusement posés là par le maître du surréalisme en personne.
Un peu plus tard, nous arrivons à la Laguna Blanca, aux eaux laiteuses, et la Lagune Verde, sûrement les plus connues de Bolivie.
La Laguna Verde est un magnifique lac bleu vert, niché à 4400m d'altitude. Son extraordinaire couleur verte est due à l'importante concentration en carbonate de plomb, de soufre, d'arsenic et de calcium. Un vent glacé fouette en permanence mes joues et l'eau du lac, générant une éblouissante écume verte et blanche. Derrière le lac se dresse le cône du volcan Licancabur, une "montagne à vache" d'après Jeannie, à 5960m. Malheureusement, le ciel gris ne permet pas à ces lagunes de révéler toute leur beauté. Petite frustration, mais ce lieu reste enchanteur malgré tout.
De là, Ann & Damien nous quittent, prenant la direction du Chili. Notre équipe se reduit à 5 pour poursuivre en direction de Tupiza que nous atteindrons demain.
Pour aujourd'hui, les vastes étendues des confins orientaux du Sud Lipez nous offrent d'autres lacs fascinants qui abondent en minéraux et nommés d'après leur couleur, telle la Laguna Amarilla, colorée par le soufre. En milieu d'après-midi, changement de paysage, nous traversons quelques minuscules villages où le temps semble s'être arrêté. Les villageois ici ne vivent que des lamas, qui fournissent laine et viande, et vont une fois par mois ou moins se ravitailler à pied en riz, patates... car sur ces terres rien ne pousse.
Après une très longue journée de transport, nous arrivons au village de San Pablo de Lipez pour y passer la nuit.
Jour 4 - San Pablo de Lipez - Tupiza
Journée sur un rythme plus cool aujourd'hui, peu de km à avaler et les paysages invitent là aussi à la flânerie. La route serpente à travers les montagnes aux 7 couleurs, puis descend dans des canyons impressionnants. D'autant plus impressionnants que les freins lâchent ! Plus de liquide de frein, pas cool quand on sait que 2000 m de dénivelé négatif nous attendent ! Rien à craindre cependant, notre super chauffeur contrôle la situation et est un expert pour conduire uniquement avec le frein moteur. Doucement mais sûrement.
A midi, pause déjeuner dans un minuscule village de 4-5 habitations où, miraculeusement, il y a du liquide de frein et Asuncio nous répare le 4x4 avec expertise. La route traverse ensuite de surprenants paysages, faits de roches déchiquetées (cheminées de fée en plus impressionnant), canyons, cactus géants... puis plonge dans la Vallée du Rio Tupiza, fertile, flanquée de cactus et de rochers rouge vif. La Quebrada de Palala déploie un large ravin bordé d'impressionnants agglomérats de couches rouges auxquelles des dépôts miniers confèrent une couleur bleu vert et violet. Bienvenue à Tupiza !
|