
Prise de contact en douceur Vendredi 23 sept, 11h du mat, temps gris et frais, me voici à Buenos Aires, capitale de l'Argentine, après 18h de bus. Une fois installée à l'hôtel, j'opte pour une 1ère prise de contact de la ville en douceur, au jardin japonais. Belles fleurs et quiétude, de quoi me remettre de ma nuit dans le bus, avant de rejoindre le coeur de la ville. Buenos Aires comptabilise 3 millions d'habitants intra-muros et 10 millions avec la grande banlieue. Autant dire qu'une grande partie des argentins se concentre ici. Et pour atteindre le coeur de la ville, je passe par la célèbre Avenida 9 de Julio, l'une des plus grandes du monde : pas moins de 18 files de voitures et de larges trottoirs pour les piétons. Elle mérite à juste titre le nom d'Avenue ! Beaucoup de constructions récentes, essentiellement des immeubles à taille humaine et de longues rues commerçantes, une partie d'entre elles piétonnes, où s'alignent en rang serré quantité de boutiques BCBG et de nombreux resto parilla (exclusivement viande rouge). L'atmosphère y est très européenne, à première vue rien ne distingue cette cité d'une capitale européenne, pas d'élément me rappellant que je suis en Amérique Latine. Le soir, je prend le métro pour rentrer, je me croirais presque à Paris, d'autant plus que la nuit se met à tomber ! Métro bondé, chacun un livre/journal à la main, visages fermés. Comme Paris quoi ! Et comme toutes les grandes villes où les gens prennent chaque jour les transports en commun pour rentrer après une journée de boulot. Pas de raison d'avoir un sourire niais sur le visage. Cela me conforte si besoin était de l'imbécilité des commentaires sur les parisiens qui font la gueule.
Les docks et Diego Lendemain matin, ballade le long des docks, du côté de Puerto Madero. La belle frégate Sarmiento, en service jusqu'en 1961 et désormais transformée en musée, va à merveille dans ce décor entre ses immeubles modernes de goût et les anciens entrepôts du 19ème siècle rénovés et transformés en café et resto branchés. Un peu plus loin se trouve la Reserva ecologica Costanera Sur, une terre gagnée sur le Rio de la Plata, servant d'abri à 200 espèces d'oiseaux. J'y fais la connaissance de Diego, style surfeur avec ses cheveux longs et son tatouage, avec qui je passe une bonne partie de la journée, à discuter, nous ballader dans le parc, manger un bout... Pas très orienté visite et découverte de la ville. Mais la recontre avec les portenos, cette amitié spontanée, m^éme de courte durée, est bien plus importante. Voyager, c'est prendre la route bien sûr, mais aussi "voir". Et ne pas s'en tenir aux paysages, aux ruines, aux monuments et autres musées que la renommée a consacrée, mais regarder la réalité sociale quotidienne. Et discuter pendant des heures avec Diego me fait découvrir la vie argentine bien mieux que tout. J'opposais souvent tourisme et voyage, sans trop réussir à exprimer clairement la différence. Ce voyage me rend la distinction de claire et cette opposition banale touriste/voyageur prend de plus en plus de sens. L'une des différenceé flagrante réside dans cette notion d'appréhension de la vie quotidienne. En tant que simple touriste, j'aurais sûrement eu ma liste pré-établie de sites à "faire" ; en tant que voyageur, bien sûr je souhaite visiter les sites prestigieux, mais pas seulement. Je préfère voir moins de choses, mais laisser venir à moi les bruits de la rue et les rencontres fortuites. Consciente d'être de passage pour une courte durée, j'essaye néanmoins d'entrer dans la vie des argentins. En fin de journée, je vais me fondre dans les rues passantes et commerçantes, y marcher sans but précis, la rue est un lieu privilégié d'observation, d'autant plus dans le cas présent un samedi après-midi, jour de shopping par excellence. Le soir, découverte des horaires de Buenos Aires ! La vie sociale s'éveille très tard dans la capitale, les resto branchés ne servent pas avant 22h et aucun club/boîte de nuit n'ouvre ses portes aux danseurs avant 2h du mat', heure où ils ferment dans de nombreux pays ! Du coup, les soirées s'éternisent allégremment jusqu'a 8h du matin, voire plus. Toutes les filles de l'hôtel s'apprêtent pour cette soirée : jupe, top sexy, make-up, talons... Elles tentent de me décider à venir mais vu ma garde robe misérable, je préfère renoncer. Même si par chance je n'étais pas refoulée à l'entrée, je me sentirais vraiment mal à l'aise au milieu de tout le monde si classe !
Dimanche, tournée des quartiers animés Ce matin, direction La Boca, sûrement le quartier le plus célèbre de Buenos Aires, avec son vieux port et ses maisons de bois et de tôles colorées, notamment le long de El Caminito, une petite rue piétonne utilisée comme théâtre et marché d'art. Cependant, toutes ces quelques rues si gaies et si colorées sont au coeur d'un des quartiers les plus pauvres et malfammé de Buenos Aires. Le contraste est saisissant entre ces 2-3 rues proprettes bondées de touristes avec un flic à chaque extrémité et les rues d'à côté ou mieux vaut ne pas y mettre les pieds. Oisk (israelienne rencontrée ce matin à l'hôtel) et moi n'y restons guère, ce quartier certes très beau sonne faux, trop destiné aux touristes en quête de pittoresque pour leurs photos. On se croirait un décor. Nous préférons opter pour le quartier de San Telmo, l'un des rares où résistent des bâtiments coloniaux. La Plaza Dorrega a un cachet fou avec ses nombreux cafés et restos, ses boutiques d'antiquité et ses nombreuses galeries d'art. En fouinant sur le marché aux puces, je déniche un vinyl des Beatles sur lequel je m'attarde par curiosité et y decouvre à l'intérieur les titres des chansons traduites en espagnol au lieu d'être en anglais ! Ainsi, "Strawberry for ever" se voit affublé d'un "Frutilla" guère convaincant : c'est tout bêtement le parfum inscrit sur les yaourts ! Autre plaisir de cette place : la musique et la danse. Ah, la grâce et l'élégance du Tango ! C'est dans ses moments-là que Buenos Aires n'est plus une capitale européenne mais retrouve son visage d'Amérique latine. Le tango est LA danse sensuelle par excellence. Et les argentins savent danser. Tous ceux choisis au hasard dans la foule réunit autour du couple de danseur officiel peuvent enchaîner sur la musique sans aucune difficulté, et ce quel que soit l'âge. Une atmosphère particulière se dégage de ce quartier. Fin de journée à la Recoleta, autre quartier très animé en ce dimanche, avec un grand marché d'artisanat et de nombreux concerts joués sur les pelouses, rock ou reggae, choississez votre style. La aussi, un indice fort que nous sommes en Argentine : la majorité des jeunes installés sur la pelouse n'ont pas une bière à la main comme tout anglais qui se respecte ou ne pique-nique pas comme tout parisien dès que le soleil pointe le bout de son nez. Non, ici, le mate et la fameuse tasse sont les rois ! Partout, du mate, des tasses, des thermos d'eau chaude... une vraie institution ! Le quartier de la Recoleta est aussi connu pour son grand cimetière rempli de gens connus telle qu'Evita, aux tombes monumentales (dans les 2 sens, grand et monument !), aux rues et allées qui en font une petite ville, semblable au Père Lachaise dans son style et dans son esprit, avec ses visiteurs et son plan officiel. Retour à l'hôtel en début de soirée pour y retrouver Olivier, dont nos routes avaient divergé après l'Equateur. Plein de choses à se raconter après ses deux mois ! Pour "feter" nos retrouvailles, un délicieux resto italien, pasta divines et bon vin rouge, dans le quartier de Palermo, celui de l'hôtel, idéal pour profiter de la vie nocturne avec tous ses cafés, resto, bars et clubs. Sachant que c'est mon premier resto depuis presque 2 semaines, j'apprécie infiniment. Je savoure ce qui est redevenu un plaisir (sortir au resto). Un monde sépare le resto alimentaire du resto plaisir ! Une nouvelle tête !
Ma première activité en ce lundi est d'aller modifier mon billet d'avion pour profiter un peu plus de Buenos Aires. J'affectionne tout particulièrement BA, autant pour la ville elle-même que pour ses sympathiques habitants. Et ensuite, direction le coiffeur pour redonner une coupe à ses cheveux maltraités dernièrement. Je ne sais pas trop quoi faire -eux, du coup mon coiffeur (1ere fois qu un homme me coiffe !) me propose de lui faire confiance pour être muy linda. Je joue le jeu et 1h plus tard, je ne me reconnais plus trop ! J exagère certes un peu, mais il n a pas hésité à couper ! Coupe dégradée et frange épaisse, va me falloir quelques jours pour m'y habituer. Au moment de payer, je constate que du lundi au jeudi, c est 30% moins cher, bonne nouvelle, soit 15 pesos la coupe (1$=3Pesos). Tournée laborieuse ensuite des cyber cafés pour en trouver un ou graver mes CD photos, ce qui n'est pas une mince affaire ! Les argentiers sont arrières sur ce point comparé aux boliviens ! Fin de journée sous la e signe du tango, j assiste à une représentation en compagnie d'une bonne femme dont le chien m'a pris en affection. J'en profite pour iscuter avec elle de la situation plitique et financiere du pays. En se promenant dans Buenos Aires, il est difficile de croire que le pays a traversé une telle crise financière il y a a peine 2-3 ans. Les seuls signes de cette période trouble et très dure sont quelques graffitis et inscriptions sur certains murs, de banques notamment, qui n'ont pas encore été nettoyés/repeints. Elle me confirme qu'en effet, la crise et ses effets sont dejà bien passés et que le pays connaît un boom économique depuis un an qui refait voir la vie plus en rose aux porte;os et autres argentins. Ce n'est donc pas pour rien que les magasins sont si remplis... Scoop : la "veggie" se met a la viande rouge ! Derniere journee en Argentine. Pas tres productive, je consacre la matinee a la mise a jour de ce site (mine de rien cela prend bcp de temps) et je me promene tout l'apres-midi dasn Parlemo, a profiter du soleil. Un vitrine capte mon attention : "21 septembre, dia de la primavera". L'annonce du printemps ! Et oui, meme si je la savais deja, cela me surprend malgre tout. Les reperes dans cet hemisphere sont a l'inverse. Les saisons sont "inversees", je ne cherche plus dans la nuit l'Oourse polaire mais la Croix du Sud, les facades mises en valeurs par le soleil sont exposees au Nord... Le soir, je retrouve Olivier qui reveint de Montevideo et nous dinons ensemble a l'Estancia, haut lieu de la viande rouge. Pauvre pseudo vegetarienne que je suis ! J'avais decide de gouter une fois a la viande ici, l'heure est venue ! Donc, pour mon dernier repas en Argentine, c'est bife de lomo partage a deux. Lorsque le serveur nous apporte le plat, c'est quasi une vache sur le plateau ! Quelle demesure, ces argentins. Voici donc une morceau de 500gr facile, tout sanginolant, hum cela fait envie ! La 1ere bouchee est dure a avaler, mais j'ai honnetement trouve cette viande tres tendre et, soyons franche, plutot bonne. Ceci dit, je ne pense pas renouveller l'experience tres souvent ! |